Son arrivée bouleverserait bientôt nos vies mais nous ne le savions pas encore, pour nous ce soir-là ce n'était rien d'autre qu'un jeu adolescent, fait d'innocence et de séduction.
C'était le premier jour de l'été et au loin on pouvait entendre les villageois rire et danser. L'air était chaud et nous étions heureux, c'était une belle nuit pour tomber amoureux.
Une partie de la nuit nous avons discuté, tenté de résister à cette attirance réciproque, et c'est drôle avec le recul de penser comme nous songions avec gravité aux conséquences immédiates et dérisoires de notre rapprochement, alors que déjà nous esquissions - sans le savoir mais avec application, notre futur commun, une longue route jonchée de roses et d'aubépines, de tendresse, de rires et de superbes enfants.
Cette longue route jonchée de fleurs et d'épines, nous l'avons empruntée ensemble, ensemble toujours.
D'abord en sautillant, le coeur léger.
Tu disais que tu m'offrirais des étoiles et je riais à cette idée, je te disais que je n'aimais pas la possession.
Tu disais que nous resterions toujours ensemble et je m'offusquais à cette idée, je te disais que je n'aimais pas les sentiments forcés.
J'étais pleine de principes et d'idéaux, je me rêvais fière et rebelle mais j'étais indécise et apeurée. Je me croyais forte mais je ne l'étais pas.
Nous avons continué d'avancer mais quand le chemin s'est assombri j'ai trébuché. Je suis tombée. Je me suis tellement blessée.
Et toi, mon amour, tu étais là à chaque instant. Tu as continué de m'aimer et de croire en moi, tu m'as pris par la main et dans ce chaos total tu t'es attaché à remettre chaque chose à sa place, l'une après l'autre patiemment, sans effusion mais avec une tendresse et une attention de tous les instants.
Ces étoiles que tu voulais m'offrir quel bon usage tu en as fait ! Tu les as posées sur ma route quand j'avais tant besoin d'être rassurée, et nous avons pu enfin reprendre notre chemin, sereins.
Souvent je t'ai regardé sans comprendre comment tu avais pu accepter de subir cela.
J'ai vu ton calme et ta sagesse, et j'ai compris que je me trompais depuis le commencement. Je croyais que la vie était un combat permanent. Je croyais aux méchants et aux gentils. Je le croyais car j'avais été programmée pour ça, mais c'était faux, c'était si faux.
Je t'ai regardé encore et j'ai compris qu'il n'y a rien qu'on ne peut affronter. Que les erreurs, les défauts, les injustices ne sont que des prétextes pour nous faire comprendre que le bonheur est là, tout près. Que de chaque défaite il y a quelque chose de bon à tirer. Qu'il faut y croire ensemble, ensemble toujours.
Il n'était alors qu'une toute petite chose, un soupçon de sentiment.
Mais parce que nous avons saisi le moment,
parce que nous y avons cru
le voilà devenu un grand et solide amour adolescent
de déjà 14 ans.
Je t'aime,
pour toujours.
❤
